Auteure : Alice C.
Bonjour mes lecteurices,
Aujourd’hui, je vais vous parler de l’écriture inclusive.
C’est quoi ?
L’écriture inclusive c’est le fait d’inclure par principe le sexe féminin et le sexe neutre quand on parle ou quand on écrit. Plusieurs possibilités existent actuellement.
- La neutralisation : utiliser des termes épicènes, c’est-à-dire sans genre:
Exemple : Architecte, élève, utiliser « la rédaction » à la place « d’un rédacteur/d’une rédactrice »
- La forme contractée des mots : réduire le terme féminin ou masculin. Le problème est que le sexe neutre n’est pas inclus dans cette solution. Il faudrait ajouter un « x » :
Exemple : constructeur.trice, chacun.e ou constructeur.trice.x
- La double désignation : mettre le mot au masculin et au féminin. Cependant, il y a la même problématique que pour la forme contractée, le neutre n’y est pas inclus :
Exemple : des acteurs, actrices ; directeur, directrice ou des acteurs, actrices, x
- On peut également « inventer » des mots :
Exemple : lecteurices, acteurices,…
- Ou alors on peut mentionner directement l’interlocuteur, sans passer par son “ rôle” ou sa “fonction” :
Exemple : A la place de mettre « Les étudiants doivent s’inscrire sur le formulaire ci-joint. » on peut mettre : « Veuillez vous inscrire sur le formulaire ci-joint. »
Comment la désigner ?
Il existe un pronom neutre pour désigner cette écriture inclusive et ne pas s’avancer sur le sexe de la personne. Il s’agit de “iel”.
Exemple : Elle mange une pomme. -> Iel mange une pomme.
Ils aiment les pommes. -> Iels aiment les pommes.
Ce que les gens en pensent ?
Résultat du Sondage fait auprès du corps enseignant du collège des Rives :
Question 1:

Quelques exemples de réponses:
| NON | OUI |
| Trop compliqué | Suivre la modernité du langage |
| Cela ne m’intéresse pas | Mon employeur me le demande |
| Plus de confusion pour les personnes dyslexiques et autres dys | Manière simple de rendre visible l’égalité homme/femme/+ |
| Demande du temps | Pour les documents officiels |
| Difficilement lisible | Pas d’exclusion |
| Lourd pour la lecture | Pratique pour savoir à qui l’on s’adresse |
| Inutile | Respect |
| Je n’ai pas le réflexe de le faire | Important de prendre en compte les changements de notre société |
| Je suis de la vieille école |
Question 2:

Quelques exemples de réponses:
| NON | OUI |
| Plus important d’apprendre à respecter tout le monde | Par intérêt pour la société actuelle |
| Trop compliqué | Ils en auront besoin dans leur vie active |
| Grammaire française déjà assez complexe | Car aujourd’hui on lit des horreurs et certaines personnes qui ont de bonnes intentions produisent des textes illisibles. |
| Puit sans fond | Pour être capable de la lire |
| C’est un effet de mode initié par un mouvement politique. L’école est censée être apolitique | Pour prendre conscience de la norme masculinisante dans notre langue |
| Les élèves ont déjà de la peine avec les accords/l’orthographe | Ils pourront ensuite faire leurs propres choix |
| Cela charge trop la lecture | Pour qu’ils puissent eux aussi s’adresser à ceux qu’ils veulent sans laisser une partie de leurs publiques de côtés. |
| Il est déjà possible de prendre en compte tout le monde avec le riche vocabulaire de la langue française | Respect, égalité |
| Les élèves doivent commencer par se focaliser sur les bases de la langue française | Ils doivent savoir qu’elle existe |
Mon avis :
Je suis pour l’écriture inclusive. Il est important, d’après moi, de respecter tout le monde en 2023, qu’une personne ait un genre ou non, il faut que tout le monde se sentent inclus. Je ne dis donc pas qu’il faut remplacer les normes masculines par des normes féminines. Cela serait du féminisme extrême. Je trouve qu’il faudrait mettre au neutre ou au trois, c’est à dire masculin, féminin et neutre.
Je vais à présent répondre à quelques-unes des réponse négatives :
L’utilisez-vous ?
Il faut déjà savoir que le cerveau ne pense pas au masculin. Une étude l’a prouvé ; c’est notre mentalité le problème.
- Trop compliqué, difficilement lisible, lourd pour la lecture, …
Il faut s’y habituer.
A l’écriture, il faut prendre des moyens simples et ne pas se compliquer la tâche. Si l’on sait faire, c’est très simple.
A la lecture, il suffit de bien formuler le texte. S’il est bien écrit, personne ne se rendra compte qu’il a été écrit à l’écriture inclusive. (vous en êtes-vous rendu compte dans cet article ?)
- Plus de confusion pour les personnes dyslexiques et autre dys :
C’est faux, si le cerveau est habitué, il n’y a pas de confusion. Une étude de l’université de Fribourg le prouve, si on apprend tout se passe très bien.
Faudrait-il apprendre aux élèves à l’utiliser :
- Plus important d’apprendre à respecter tout le monde.
C’est vrai mais dans ce cas-là il faut respecter tout le monde à l’oral, à l’écrit et dans sa mentalité.
- Trop compliqué
Quoi ? En cours les élèves apprennent des choses bien plus compliquées que cela.
- Peu d’intérêt de l’utiliser
Pour vous peut-être. Pour la communauté touchée, je ne pense pas.
- Un jour les ordinateurs, téléphones, … le feront tout seul
Alors ne faisons plus rien, n’apprenons plus rien. Un jour les ordinateurs, téléphones le feront tout seul.
- Grammaire française déjà assez compliquée
Oui mais évolutive. La grammaire allemande est aussi très complexe et pourtant cela existe et cela est bien plus évolué que chez nous là-bas.
En conclusion, Pascal Gygax, psycholinguiste à l’université de Fribourg, n’en estime pas moins que parallèlement au travail sur le langage, il faut lutter contre les stéréotypes sur le terrain, notamment dans les écoles. « Prenez les manuels scolaires helvétiques : non seulement ils sont rarement écrits dans un langage inclusif, mais en plus ils font la part belle à des stéréotypes de genre tenaces. Les hommes y sont actifs, les femmes passives, les hommes représentés dans des postes à responsabilité, les femmes dans des activités liées au care (=au soin). » Il reste donc beaucoup de chemin à faire.
