Écrit par Louis G.
Une grosse augmentation des maladies dites “de civilisation” (cancers, diabète, hypertension, obésité, etc..) est constatée depuis plusieurs dizaines d’années.
La médecine scientifique s’est penchée sur la raison de cette augmentation. En effet, les êtres humains n’ont pas changé de génétique en si peu de temps. On a pu conclure que c’étaient des facteurs environnementaux qui avaient été modifiés et notamment l’alimentation.
Les scientifiques ont fait de la collecte de données, des études, des expériences, et le résultat montre que la transformation extrême des aliments et l’ajout systématique de sucre dans tous les produits transformés (même là où l’on ne s’y attend pas comme le maïs en boîte, les pizzas, saucisses, hamburgers, etc..) étaient la cause de dérèglements du fonctionnement naturel du corps.
Face à ces démonstrations scientifiques, l’industrie agroalimentaire se défend car si ces résultats sont pris au sérieux, les consommateurs se détourneront de leurs produits et elle ne gagnera donc plus d’argent.
Qu’est-ce que l’agroalimentaire ? C’est l’ensemble des compagnies qui transforment les aliments produits par le secteur primaire (exploitations agricoles) en aliments industriels, c’est-à-dire presque tous les produits des supermarchés, à l’exception des fruits, légumes et produits frais non-transformés. Par exemple Nestlé est une compagnie agroalimentaire, avec de très nombreux produits à son actif (comme KitKat, Nescafé, etc..). Aujourd’hui, tous les aliments transformés que l’on consomme sont produits par des centaines de marques qu’on voit tous les jours, elles-mêmes issues des 12 principales entreprises leader du marché de l’agroalimentaire.
Il est question de beaucoup d’argent en jeu. On a observé que l’industrie agroalimentaire payait des scientifiques pour produire des expériences et des études qui contredisent l’effet néfaste du sucre et de la transformation extrêmement poussée des aliments, prouvé et établi scientifiquement. On a observé aussi que leurs méthodes sont semblables aux méthodes de l’industrie de la cigarette : faire croire que leurs produits sont inoffensifs et qu’il y a toujours un doute sur les conclusions scientifiques de leur nocivité.
On sait aujourd’hui que l’industrie agroalimentaire est au courant de cet effet nocif depuis 1999, date où une réunion des plus grosses entreprises des USA a eu lieu, à l’issue de laquelle il a été décidé qu’il était plus important de continuer à gagner de l’argent que de prendre soin de la santé de la population mondiale : “Nous ne sommes pas des philanthropes, et si les gens veulent acheter nos produits, c’est leur liberté.”
Le sucre étant justement plus addictif que la cocaïne, comme l’a montré le chercheur du CNRS Serge Ahmed sur les rats, la notion de liberté est un faux argument, car la publicité et les ingrédients addictifs ôtent le libre-arbitre des gens.
Les maladies de civilisation sont évitables mais encore faut-il prendre conscience de leurs origines. Si les gouvernements ne prennent pas tous encore de bonnes décisions pour que l’industrie agroalimentaire soit obligée de nous vendre des produits qui ne nous rendent pas malades, nous avons un pouvoir individuel en évitant de consommer des produits transformés auxquels on a rajouté du sucre et en privilégiant les produits frais et naturels tels que les légumes et les fruits.
Références :
. France 2, émission Cash investigation du 15.06.2012 : « Sucre, comment l’industrie vous rend accros »
. Université de Liège, conférence du professeur Castronovo du 19.03.2015 : « Le sucre : chronique d’un tueur en série ».
. Arte, film de Michèle Hozer (2015) : « Sucre, le doux mensonge »
. France 5, émission #cdanslair du 03.02.2018. « Et si on arrêtait le sucre ? »
. Arte, film de Sylvie Gilman et Thierry Vincent de Lestrade, 14.04.2020 : « Un monde obèse »
