Les élèves de la 10VP/11 ont écrit des rédactions historiques par groupe, sur le thème de la vie ouvrière au XIXème siècle, dans le cadre d’un cours d’histoire sur la révolution industrielle. Voici deux de ces textes :

La journée de travail de Lison, une ouvrière du XIXème siècle

Par Letizia, Julie, Romane et Rose

Je sens une main me secouer me faisant sortir de mon sommeil. Je me tourne et entends Antoine me dire de me dépêcher en se plaignant de ma flemmardise. Ce n’est pas de ma faute si je n’ai pas entendu, à six heures, le réveilleur taper à la fenêtre pour nous réveiller : il ne fait pas autant de bruit que le clocher de mon ancien village.

Chaque matin depuis trois ans, ma vie d’avant me manque.

Nous vivions dans une petite maison à côté des champs de père. Nous avions une vache, Marguerite, grâce à laquelle nous avions du lait et du fromage. Je restais à la maison avec Mère pour m’occuper des tâches ménagères et de Paul qui n’avait que trois ans. Mes frères et mon père, eux, s’occupaient des champs. Malheureusement, après quelques années de mauvaises récoltes, les champs n’ont plus assez produit pour subvenir à nos besoins.

Père et Mère avaient donc décidé de partir à Paris pour que mes frères et moi puissions rapporter de l’argent. J’ai entendu Père dire à Mère que c’est en grande partie à cause de moi que nous n’arrivions pas bien à vivre car je suis une fille, une fille ça rapporte moins d’argent et c’est donc moins bien. D’ailleurs Père ne se cache pas pour me le dire car il n’est pas fier d’avoir une fille, pas fier de moi. Heureusement que Mère me comprend et me soutient un petit peu, mais elle n’ose pas tenir tête à Père.

Antoine me répète de me dépêcher et je sors de mon lit pour m’habiller. J’enfile ma robe ouvrière et mon tablier par-dessus. J’enfile ensuite mes bas sales qui me collent à la peau, mes chaussures et me fais un chignon. Je suis assez contente du travail que Père m’a trouvé, situé à une des imprimeries de la ville.

À l’imprimerie, j’ai entendu parler du métier de mineur. Comparé à eux j’ai des assez bonnes conditions de travail. Les mineurs ont moins d’heures de travail mais ils font un métier manuel, physique et dangereux. Ils s’exposent à pleins de dangers : effondrements, explosions et intoxications de grisou.

Je sors de mes réflexions et vais rejoindre Antoine qui est assis à la petite table au milieu de la pièce. Je trempe ma maigre portion de pain dans le reste de la soupe que Mère a faite hier. Antoine, qui a fini de manger, va revêtir sa tenue d’ouvrier : un pantalon grossier et une blouse ouvrière. Nous nous dépêchons de partir de la maison car l’imprimerie se trouve à dix minutes à pied et nous ne pouvons pas nous permettre d’arriver en retard. Arrivée à l’atelier à sept heures, je m’installe précipitamment à mon poste. Mr. Potin ne rigole pas avec les retardataires. Le geste salutatif adressé, je me mis au travail. Je m’applique toujours énormément même si je suis payée à l’heure et non à la pièce. J’ai juste trop peur de me faire virer et je ne peux pas me le permettre. Heureusement que j’aime tout ce qui touche au bricolage, aux travaux manuels et au dessin car ma journée est basée uniquement sur ça. Cela la rend un peu moins pénible. Jusqu’à midi moins quart, concentrée et attentive, je couds des pages entre elles, je suis relieuse. Le livre actuel a une superbe couverture, remplie de couleurs et de fleurs. Une princesse est assise à califourchon sur un dragon vert émeraude. Dommage que je ne sache pas lire, car je suis persuadée que l’histoire m’aurait beaucoup plu. J’aurais bien aimé être dans l’autre imprimerie avec ma voisine Marie, qui elle, a la chance d’aller à l’école.

Quand Mr. Potin fit retentir la clochette depuis son bureau, je cherche furtivement du regard Antoine, c’est lui qui a notre casse-croûte de midi. Bien évidemment, il est déjà en train de l’entamer sans m’attendre. Notre maigre repas est principalement constitué d’aliments froids comme du pain et du fromage. Il y a parfois les derniers morceaux de tarte aux pommes de Mère. Le repas fut rapidement englouti en présence de nos amis ouvriers. Le gong de la mort sonna après quarante minutes de pause et nous revoilà cloués sur notre chaise jusqu’à encore vingt-et-une heures. Les bavardages ne sont pas fréquents car notre travail à la chaine ne nous le permet pas, nous devons rester concentrés. Je suis dans la section fille, Antoine dans celle des garçons et notre quotidien ici est toujours le même : long et pénible. Mais ne nous plainions pas trop. Nous savons que c’est une chance inouïe de pouvoir travailler à l’intérieur, pas comme Jacques et Père. Les pauvres, leur journée est encore plus terrible.

Ils ne sont jamais visibles le matin. Ils doivent se lever aux alentours de cinq heures pour faire leurs heures car ils doivent faire une pause quand le soleil est au plus haut, ils sont couvreurs et travaillent sur les toits toute la journée. Quand il fait chaud, il leur arrive d’arrêter de travailler de onze heures à seize heures pour éviter le stress dû à la chaleur. Mais malgré ça, pour rien au monde je ne ferais couvreuse car c’est très physique et qu’il faut être à l’aise en hauteur. Grâce à cela, ils sont devenus très agiles. Je me demande si je le serais autant si je transportais et posais des bardeaux à longueur de journée. Tous les soirs, je croise les doigts pour les voir revenir indemnes car les chutes dans leur métier sont très courantes.

Plus les heures passent, plus la poussière me colle au front inondé de sueur, ça me dégoute car ma dernière douche date d’il y a cinq jours, je dois encore en attendre deux. Ma blouse est si poisseuse qu’elle me colle avec adhérence à la peau. Je calcule les jours restants jusqu’au prochain lavage ; encore dix.

Il reste encore deux heures jusqu’à la fin du service. Je tiens bon malgré mon salaire ridicule, je veux que père me dise un jour qu’il est fier de moi et que pour rien au monde il ne m’échangerait. Le 99% du temps, je me suis apitoyée sur le fait que je sois une fille. Une fille ça n’a pas d’avantages. Ce n’est ni fort ni utile aux yeux de tout le monde. Mais le du reste du temps je me dis que me tuant au travail, l’avenir sera peut-être meilleur. La frénésie des dernières minutes de travail monte et enfin, le tintement si familier de la cloche se fait entendre. Nous sommes samedi, le jour de paye. Nous nous mettons dans la queue, les hommes d’abord, les garçons ensuite, les femmes après et pour finir les filles, dont je fais partie. Mr Potin nous donne notre salaire en fonction de nos présences et de notre statut dans l’usine. Bien évidemment étant donné que je suis une fille mon revenu hebdomadaire est le plus maigre de toute l’imprimerie. Je compte les minuscules pièces : Mr. Potin ne se trompe jamais ; 90 centimes tout rond. Je rejoins Antoine dans l’entrée où il m’attend déjà.

Nous prenons le même chemin que ce matin et passons à la boucherie acheter un morceau de viande. Arrivée à la maison, je lave mes mains pleines de souillures à l’eau froide. Le samedi soir est le meilleur moment de la semaine, l’atmosphère y est plus détendue que d’habitude. Père félicite Mère car elle a gagné 5 centimes de plus que la semaine dernière. Il félicite “ses hommes”, comme il dit : Jacques Antoine et Paul (même si ce dernier ne travaille pas encore). Mère me jette un regard plein de compassion mais ne dit rien. De toute façon je m’en fiche, je suis habituée.

Mère est fatiguée car elle travaille beaucoup depuis qu’on est arrivés dans la capitale. Elle est dentellière à domicile. Elle doit beaucoup travailler car l’argent qu’elle gagne est proportionnel à la quantité de dentelle vendue à une couturière à la fin de la journée. Elle fait de la dentelle au crochet, c’est un accessoire utilisé pour réaliser des ouvrages à la main datant du 18ème siècle. Aujourd’hui, par exemple, elle a réalisé un demi-mètre carré de dentelle, ce qui lui a rapporté 15 centimes. C’est une grande quantité de dentelle pour si peu d’argent mais nous en avons besoin pour vivre. Elle fait de de son mieux car elle doit également s’occuper de Paul, mon petit frère de 6 ans. Il ne peut pas encore aller travailler donc il s’occupe comme il peut en essayant de ne pas trop la déranger.

Père nous rappelle encore ses “tactiques de guerre” : comment dépenser le moins d’argent possible. Il a vraiment des idées bizarres mais qui fonctionnent. Par exemple, ce soir, Antoine et moi sommes vite passés à la boucherie afin d’acheter les moins bons morceaux de viande qui coûtent donc moins cher. Une autre tactique consiste à aller acheter le pain rassis du jour d’avant dont le prix sera presque réduit de moitié.

Hebdomadairement nous dépensons environ trente francs et cinquante centimes alors que nous gagnons environ trente-et-un francs et vingt centimes (tout dépend du salaire non-fixe de Mère). Nous économisons ainsi septante centimes par semaine. Je trouve que nous nous en sortons plutôt bien, mais ce n’est pas comparable avec notre vie d’il y a trois ans.

Le dîner terminé, je me charge de débarrasser la table pendant que Jacques installe sa couchette au bout du lit. Nous dormons tous dans le grand lit, qui n’est pas si grand que ça, alors que Jacques, étant le mieux payé donc le plus aimé de Père, a sa propre couchette pour lui seul. Nous vivons dans une pièce qui fait office de ‘’salon, salle à manger et chambre à coucher‘’. Nous n’avons pas les moyens de nous acheter une brosse à dent, qui est un accessoire de toilette très cher donc nous faisons avec les moyens du bord pour essayer d’enlever les saletés d’entre nos dents. Nous allons ensuite faire nos besoins dans une fosse d’aisance qui n’est plus vidée et déborde de plus en plus dans le canal avant d’aller nous coucher vers vingt-deux heures trente. Nous sommes tous serrés dans ce lit qui ne sent pas bon à cause de toutes les saletés que nous y déposons car nous ne pouvons pas nous doucher tous les jours. De plus, il y a encore du bruit dehors, ce qui ne m’aide pas à essayer de dormir. Malgré tous ces inconforts, j’arrive tout de même à m’endormir. Heureusement que demain est mon jour de congé, je vais pouvoir me reposer un peu de cette longue semaine de travail et reprendre des forces pour la suivante.

La nuit je rêve que quand je serai grande je retournerais dans la campagne avec Marguerite, mon mari et mes enfants. Je les enverrai à l’école pour qu’ils apprennent à lire. Pour leurs anniversaires j’aurai assez d’argent pour leur acheter le livre avec la princesse et le dragon vert émeraude. Tout serait parfait mais le matin quand Antoine me secoue brutalement je reviens à ma réalité où je ne suis pas heureuse et où j’ai l’impression d’être comme le poussin dont on se sert dans les mines pour vérifier le taux d’oxygène. Impuissant et non libre de ses choix.

La journée de travail de Charles, un cordonnier du XIX ème siècle

Par Louis, Simon, Matteo et Ilan

Il est 5 heures en ce mercredi 12 décembre 1888 et Charles se réveille péniblement du haut de ses 40 ans. Bien qu’il ne soit pas si vieux que ça, la vie d’ouvrier l’a passablement affaibli. Il se gratte la barbe qu’il est contraint de laisser pousser depuis tant d’années, car sa famille et lui n’ont pas assez d’argent pour acheter un rasoir. Il ouvre sa petite armoire et choisit un pull chaud et un pantalon noir. Il fait froid aujourd’hui, comme tous les jours à cette période de l’année dans la région toulousaine. Faute de moyens, ils ne peuvent évidemment pas avoir de chauffage, ni d’eau chaude. Il prend ensuite son peigne et se coiffe rapidement devant un miroir à moitié fendu de vieillesse.

Charles sort de la cave, gravit les trois sous-sols qui le séparent de la lumière du jour et se dirige vers la boulangerie pour acheter du pain pour le petit-déjeuner. Le soleil vient de se lever. Sur le chemin, il croise son voisin du deuxième sous-sol qui revient de chez le boulanger, et passe à côté de lui sans le saluer. Il ne s’est jamais vraiment entendu avec cet énergumène car ce dernier l’a toujours méprisé. Charles dépense ses dernières économies de la veille pour le plus beau et le plus gros pain car la journée va être longue pour tout le monde et il tient à la bonne forme de ses enfants et de sa femme.

Charles a deux fils : Claude, dix-sept ans, et Jean, le benjamin de la famille, onze ans. Tous deux travaillent, comme leur père, à la cordonnerie avoisinante. Charles a aussi deux filles : Josiane, quinze ans, qui travaille dans une industrie de dentellerie à l’autre bout de la ville, et Pauline, douze ans, employée dans un atelier de filage. En rentrant, il ouvre doucement la porte et réveille ses deux fils qui commenceront leur journée à 6h, comme lui. Marie, sa femme, qui entame sa journée de travail à 7h, est manifestement déjà réveillée. Elle a préparé la petite table pour manger et déposé un petit pot de mélasse et quelques fruits secs. Tout le monde se met à table et mange lentement, car la nourriture est très précieuse. Seules Josiane et Pauline peuvent se permettre de dormir encore un peu, ayant la chance de commencer à 8h. Leur mère les réveillera avant de partir au travail.

Aux alentours de 6h40, Charles et ses fils partent direction la cordonnerie. Le patron les salue et leur explique ce que chacun va devoir faire aujourd’hui parmi les différentes tâches : réparer des souliers avec une enclume et des marteaux sur un établi, ressemeler (ce qui consiste à remplacer totalement la semelle extérieure ou intérieure), recoudre à la machine, empaqueter, répondre aux demandes des clients, mais aussi en fabriquer. Cette cordonnerie fabrique des souliers en masse non seulement d’en réparer. Ce sont des souliers bon marché mais très appréciés par les familles avec peu de moyens.

Charles, ce matin, est chargé de répondre aux demandes des clients à l’entrée et de prendre en charge les différentes commandes. Les premiers clients arrivent à 7h pile. Une dame bourgeoise souhaite faire réparer ses chaussures à talons pour le lendemain. Charles prend les chaussures et les fait passer à l’arrière du magasin, où Claude s’occupe de recoudre aidé par son frère cadet. C’est à 8h30 qu’une importante affluence de personnes arrive. Les commandes s’enchaînent et Charles fait des aller-retours du comptoir à l’arrière-boutique. Heureusement, ils sont trois à cette tâche et cela permet d’être plus efficace. En revanche, Charles n’envie pas les hommes chargés de recoudre les chaussures qui sont affairés au nombre de soixante-dix dans une pièce minuscule, collés les uns aux autres. Comme c’est l’un des employés les plus âgés, il est assigné au comptoir presque tous les jours, car c’est dans le règlement de la cordonnerie : « Le doyen des employés est prioritaire au comptoir. ». Mais cela ne l’empêche pas de recoudre des chaussures de temps en temps, ou parfois de travailler dans la salle des machines. En effet, la cordonnerie étant l’une des plus réputées de la ville, elle a pu s’agrandir grâce au grand nombre de clients et s’offrir de toutes nouvelles machines (cinquante à peu près) permettant de recoudre près de trois cents chaussures chacune en une seule journée. Il reste néanmoins des hommes qui recousaient à la main. Beaucoup moins productifs, ils s’occupent de chaussures ayant besoin de plus de soin ou de précision.

Il est maintenant 11h15 et l’affluence a nettement diminué. Charles s’assied sur une chaise derrière le comptoir et attrape le numéro du jour de « La dépêche ». Il le feuillette rapidement et tombe sur un article sur une grève. Cette grève concerne une quarantaine d’ouvriers d’un service de forge dans une petite commune à quelques centaines de kilomètres de là. Un corps aurait été retrouvé dans une rivière dans le département de l’Aveyron, mais rien ne laissait supposer que cela s’agisse d’un crime. Charles a très peur de ce genre de nouvelles car beaucoup de personnes sont tuées chaque jour en France et rien n’empêcherait que ce soit lui ou quelqu’un de sa famille qui soit la cible d’un meurtrier. Récemment, d’ailleurs, un homme de Toulouse avait été retrouvé mort dans sa salle de bain sans aucune raison valable d’après la police. Le patron le sort de ses pensées et l’appelle pour lui dire qu’il est midi et c’est l’heure de la pause. Charles va donc chercher Claude et Jean et ils retournent tous ensemble dans leur sous-sol en descendant les marches de pierre. Le père sert un peu de soupe et de pain à ses deux fils et s’assoit avec eux à la table à manger en bois. Marie et les deux filles ne sont pas là car leur pause de midi se fait à leur travail : elles n’ont pas le temps de rentrer manger.

La pause ne dure que vingt minutes et les trois hommes retournent à la cordonnerie pour 12h20. Les deux cents employés (car il faut savoir que cette cordonnerie est la plus grande et la seule de France à employer autant de personnes et à s’être autant développée) se retrouvent devant le bâtiment et le patron explique la suite de la journée pour tout le monde avec un porte-voix. Charles va travailler aux établis cet après-midi pour ressemeler des souliers. Il aime bien aussi faire ça car son père était cordonnier et lui a appris de nombreuses techniques. Bien que la cordonnerie ait pas mal changé depuis l’époque de son père avec l’arrivée de l’industrialisation, tout se ressemble encore beaucoup.

Il y a à peu près cinquante chaussures à ressemeler et cela risque de prendre un bon moment. Charles travaille à côté d’un jeune homme nommé Arnaud. Le travail est long et pénible mais il doit être fini avant 19 heures. Tout le monde doit y mettre du sien pour ne pas devoir à faire des heures supplémentaires. Le travail de ressemelage est très technique, cela demande beaucoup de patience. Charles est un des seuls employés à apprécier ce travail. Son père lui a appris quand il était plus jeune, à travailler sur l’enclume. Son papa étant cordonnier dans la même entreprise, il a appris auprès des meilleurs. Ce métier lui a toujours plu et il a décidé depuis sa plus tendre enfance qu’il pratiquerait ce métier.

Peu avant l’heure du retour, le patron réunit tous ses employés pour débriefer la journée et donner son maigre salaire à chacun. Charles reçoit à peu près un franc pour acheter un morceau de pain pour le lendemain. Il ne doit pas tout dépenser pour pouvoir peut-être avoir après plusieurs jours d’économie acheter un petit morceau de viande.

Après cette longue journée de travail, Charles rentre enfin chez lui avec ses deux fils et retrouve sa femme et ses deux filles qui ont fini un peu plus tôt. Elles ont déjà commencé à préparer le repas du soir qui consiste en un peu de reste de viande de la veille et de pommes de terre. Charles s’assied sur leur fauteuil tout abimé dans le coin de la pièce et attrape “Les misérables”, le livre de Victor Hugo qu’il est en train de lire. Il l’a acheté très cher, Charles est le seul de la famille à pouvoir se permettre ce genre d’achat. Il était tellement pris dans son livre qu’il ne vit pas l’heure passer et le souper était déjà prêt alors qu’il pensait n’avoir lu pas plus de 20 minutes. Il se dépêche de manger pour pouvoir se coucher tôt afin de bien travailler le lendemain et pour peut-être avoir une augmentation de quelques centimes à la fin de la journée. Il s’affale sur son lit dur et humide et tente de trouver le sommeil après plusieurs minutes il y parvient.