Auteur : Louis G.

Je suis récemment allé visiter la fondation Beyeler à Bâle qui expose actuellement le peintre Matisse entre autres.

C’est une fondation qui fait des expositions temporaires de grands artistes comme Munch, Picasso et en ce moment Matisse. Les peintures sont empruntées à de grands musées du monde entier.

On peut discerner dans l’exposition sur Matisse deux grands “types” d’art : de la peinture et du collage gouaché.

Matisse est un peintre issu de l’impressionnisme, un courant apparu dans les années 1860 en France visant à mettre l’accent sur la lumière, la couleur et à rejeter le type de peinture “académique”. Claude Monet, Paul Cézanne ou encore Auguste Renoir font partie de ce courant. Matisse, lui, s’est un peu distingué dans un “sous-courant” : le fauvisme. Le fauvisme est caractérisé par l’utilisation de formes simples et de grands aplats de couleur, et c’est proche de l’expressionnisme apparu en Allemagne au même moment (Van Gogh, par exemple). Matisse sera en quelques sortes le chef de file du fauvisme.

Henri Matisse fait ses débuts dans l’art avec le dessin et réalise son premier tableau en 1890. 4 ans plus tard, sa première fille Marguerite naît. Il expose ensuite une première fois à Paris en 1896 et alors qu’il est un peintre de grandes natures mortes, il découvre la peinture impressionniste à Luxembourg. Deux autres enfants naissent ensuite, Jean et Pierre, et ils sont élevés par Matisse et sa femme à Toulouse. La famille déménage ensuite en Corse et Matisse y peint environ 50 peintures à l’huile. Le peintre est un admirateur de Paul Cézanne : “C’est notre maître à tous.” dit-il. Il lui achète une peinture dont il ne se séparera pas pendant très longtemps.

Le fauvisme débute en 1905 dans une exposition à Paris où Matisse expose aux côtés de quelques autres peintres. Les formes simples et les grands aplats de couleur font scandale. Le nom de fauvisme est créé par un critique qui caractérise les peintres de “fauves”. Ce sont les peintres eux-mêmes qui reprendront cette appellation pour donner naissance au fauvisme. Les “fauvistes” prônent l’utilisation de la couleur et non du dessin. En plus de la peinture, Matisse sculpte et fait du modelage.

Il rencontre son confrère peintre Picasso en 1907 chez des acheteurs collectionneurs. Entre 1906 et 1913, il séjourne durant l’hiver en Afrique du Nord avec deux amis peintres, ce qui l’influence beaucoup pour ses futures peintures (monde extérieur, couleurs plus chaudes).  Les œuvres de Matisse sont exposées à Moscou, Berlin, Munich, Londres et même New York en 1913. Il construit son atelier en banlieue parisienne qui abrite aujourd’hui ses archives. En 1916, en plein milieu de la guerre, Matisse déménage à Nice sur la Côte d’Azur, qu’il considère comme un paradis. Il rencontre Renoir en 1918 et ce dernier apprécie son travail. Matisse retrouve ensuite Picasso pour exposer avec lui à Paris avant d’être embauché pour dessiner les costumes et les décors d’un ballet d’Igor Stravinski. Il est nommé chevalier de la légion d’honneur en 1925.

Durant la période niçoise, Matisse peint beaucoup. Il peint plusieurs fois les mêmes choses pour explorer le champ de possibles, le style, l’abstrait. Il entame ensuite en 1930 un tour du monde : New York, San Francisco et Tahiti, où il se plaît beaucoup, il l’écrira à sa femme. Il se sépart de cette dernière en 1939 et est diagnostiqué d’un cancer du côlon en 1941. Il lui reste 6 mois à vivre d’après les médecins, ce qui ne se réalise pas. Mais il ne peut désormais plus rester debout plus d’une heure. Il se met au dessin au crayon et fusain quelques années et l’année 1945 marque le dernier tournant dans sa carrière : les collages de papiers découpés. Désormais en fauteuil roulant, il ne peut plus peindre ; il découpe des morceaux de papier et ses assistants les collent. 9 ans de collages dans plusieurs environnements : il décore une chapelle et participe à l’édition d’un livre illustré pour un critique d’art. Sa dernière œuvre sera La Tristesse Du Roi.

A 84 ans, Matisse s’éteint à Nice, où il est enterré. Il existe le musée Matisse dans cette même ville, par exemple, qui regroupe grand nombre de ses œuvres.