Auteur : Louis G.

Bob Marley est sans doute le musicien de reggae le plus connu mondialement. En plus de cette caractéristique, on peut se permettre de dire qu’il a été le musicien le plus influent politiquement. Voyons ensemble pourquoi.

Le 6 février 1945 naît dans une ferme en Jamaïque, le petit Robert Nesta Marley. Il est fils d’un père blanc britannique et d’une mère noire jamaïcaine (afro-caribéenne). Notez que le père était âgé de 59 ans à la naissance de son fils, contre 18 pour sa mère. Norval Sinclair, le père, est souvent en voyage en mer et il ne voit pas beaucoup son fils. Bob grandit avec sa mère dans la misère de la campagne avant de la quitter pour s’installer à Kingston, dans le ghetto de Trenchtown. C’est là qu’il fait plusieurs rencontres et qu’il commence son apprentissage de la musique. Il reçoit des cours de chant aux côtés d’un ami, Bunny Wailer, et enregistre pour la première fois à l’âge de 17 ans, en 1962. Avec ce camarade musicien et un autre ami, Peter Tosh, il fonde le groupe “Wailing Wailers” qui s’appellera ensuite “The Wailers”. On retrouve ce nom “The Wailers” inscrit sur la plupart des disques de Bob Marley. Les trois jeunes signent un contrat pour 5 ans avec un studio d’enregistrement et label local, Studio One, mais le groupe s’en va en 1965 car le producteur ne leur verse presque rien par rapport aux nombreux titres enregistrés. L’arnaque se renouvellera malheureusement bon nombre de fois avec les différents producteurs.

Au milieu des années 60 apparaît tranquillement le rocksteady, un style très comparable au ska, bien qu’il soit un peu plus lent en général. C’est à ce moment que les croyances rastafari s’entremêlent avec le reggae. À ce moment-là, Bob vient de se marier avec Rita Anderson et il part la rejoindre aux USA. Il continue d’écrire et d’écrire des chansons et découvre la culture rasta en rencontrant Mortimer Planno, un des leaders du mouvement. À partir de là, Bob devient lui aussi progressivement une grande figure rasta, notamment avec ses chansons rocksteady.

L’essentiel de la carrière de Marley a ensuite lieu quand il signe avec le label Island Records. Les trois compères musiciens, les Wailers, enregistrent l’album Catch A Fire à Kingston en 1972. Peu après, Bunny Wailer quitte le groupe, est remplacé par Joe Higgs et Peter Tosh fait de même l’année d’après. C’est le début de la carrière “solo” de Marley, le groupe s’appelant désormais “Bob Marley and the Wailers”. Les Wailers sont maintenant ses accompagnateurs et sont environ 10, occupant de nombreux “postes” musiciens (choeur, percussions, basse, guitare, batterie, harmonica). Le premier album sort, Natty Dread.

En 1975, Bob se produit aux côtés de Stevie Wonder et des Jackson Five. Il enregistre ensuite l’album Live’, qui comme son nom l’indique est enregistré en live, à Londres. Le public entend notamment No Woman No Cry et I Shot The Sheriff. De retour en Jamaïque, Bob Marley achète une grande maison dans les hauteurs de Kingston qui sera constamment ouverte à tous et fréquentée très régulièrement par une dizaine de, rastas.

En 1976, six hommes tentent d’assassiner le chanteur dans sa maison du 56 Hope Road deux jours avant un grand concert gratuit organisé à la demande du Premier ministre. La tentative échoue, mais touche quand même Bob au bras. Malgré cela, il fait ce concert, et il dira aux journalistes : “Les gens qui tentent de rendre ce monde mauvais ne prennent jamais de jours de congé, comment le pourrais-je ?”. Il écrira plus tard une chanson racontant cet épisode : Ambush In The Night (embuscade dans la nuit).

Se sentant menacé, il décide de partir à Londres avant les élections. Il y enregistre Exodus, un album phare de sa carrière, qui comporte les titres One Love, Three Little Birds et Jamming’. Au début de la tournée d’Exodus, il se blesse au pied et un médecin prescrit l’amputation d’urgence. Seulement l’amputation empêcherait Marley de pouvoir être à fond durant la tournée. Un autre médecin lui propose de retirer uniquement une petite partie intérieure de l’orteil, pensant que c’est suffisant. La tournée est quand même annulée.

En 1978, après avoir sorti l’album Kaya, dont la plupart des morceaux avaient été réalisés à Londres pour Exodus, a lieu le One Love Peace Concert avec des artistes jamaïcains, et il se termine par une prestation de Bob Marley, qui réunit sur scène les deux principaux ennemis politiques de Jamaïque et leur fait se serrer la main devant tout le public. Cela apaise quelque temps les tensions, mais elles reprendront bien vite.

Après un immense succès dans le stade San Siro à Milan (100’000 personnes), Bob Marley effectue une radio aux rayons X après être tombé en courant. On découvre que la blessure au pied, qui n’avait pas été amputé, a généralisé un cancer. Il est touché au cerveau, à la peau, aux poumons et à l’estomac : il ne lui reste qu’un mois à vivre selon les médecins. Quelques mois après avoir fêté ses 36 ans en février 1981, Bob Marley meurt hospitalisé à Miami le 11 mai. Des milliers de personnes viennent lui rendre hommage à son lieu d’enterrement.