Auteure : Natalija R. 

Introduction 

Née d’une idée simple et révolutionnaire, Victoria’s Secret est devenue en quelques décennies un empire de la lingerie façonnant les standards de beauté. Mais derrière son succès éclatant se cachent des choix controversés, des scandales et des drames qui ont marqué son histoire.  

Mais quel est l’envers du décor d’une marque aussi admirée que contestée ? 

L’idée de base 

Roy Reymond entre dans un magasin dans l’idée d’acheter de la lingerie pour sa femme. Très vite, il se sent mal à l’aise. Rien de très séduisant. Gêné, mal à sa place, Roy finit par quitter le magasin les mains vides, mais surtout profondément humilié. 

Cette expérience le questionne. Il prend conscience d’un problème que personne, jusque-là, n’avait vraiment relevé : pour un homme, acheter de la lingerie féminine est une épreuve embarrassante et désagréable. Et pour couronner le tout, l’offre de lingerie aux États-Unis est faible et moche. 

C’est alors qu’il a une idée à exploiter : créer un magasin conçu pour que les hommes achètent de la belle lingerie pour leur femme sans gêne. 

Mettre le plan à exécution 

Il nomme sa marque Victoria’s Secret, un clin d’œil à la reine Victoria, symbole de la pudeur et de l’élégance anglaise. Le mot secret renvoie à l’idée qu’une femme, sous ses vêtements les plus sages, dissimule toujours une sensualité cachée. 

Il réunit 80 000 dollars et ouvre sa première boutique en 1977, dans un centre commercial à Palo Alto, en Californie. 
L’apparence du magasin n’avait rien à voir avec celle que nous connaissons aujourd’hui : les murs étaient sombres, l’éclairage tamisé et la décoration inspirée de l’époque victorienne. 

La marque génère 500 000 dollars de chiffre d’affaires la première année, permettant l’ouverture de trois nouvelles boutiques à San Francisco. 

Le catalogue par correspondance  

Roy Raymond invente le catalogue de correspondance, un petit livret où tous les articles sont présentés. 

Les clients peuvent y choisir leurs produits et les commander par courrier ou par téléphone. Cela permet aux hommes d’éviter d’entrer dans les boutiques ou d’acheter même s’ils n’en ont pas dans leur ville. Les hommes adorent ! 

Une première chute 

Roy Raymond ouvre au total six boutiques aux États-Unis et le chiffre d’affaires atteint 4 millions de dollars au début des années 1980. 

Mais il a négligé une chose essentielle : les femmes. Ce sont elles qui portent la lingerie et elles n’aiment pas du tout les boutiques, jugées trop centrées sur le regard masculin et déconnectées de leurs besoins. 

Les ventes commencent à stagner et, en 1982, après seulement cinq ans d’existence, la marque est au bord de la faillite. 

La renaissance 

En 1981, Leslie Wexner, homme d’affaires et fondateur du groupe L Brands, découvre par hasard une boutique Victoria’s Secret. Intrigué par le concept, il comprend vite le potentiel de la marque. 

Son objectif est clair : vendre davantage et produire plus vite à moindre coût. 

En 1982, il rachète l’entreprise à Roy Raymond pour 1 million de dollars. Dès son arrivée, il prend des décisions radicales : Victoria’s Secret ne doit plus être une boutique pensée pour les hommes, mais un univers de luxe abordable, où les femmes se sentent désirées, confiantes et valorisées. 

Pour repenser l’image de la marque, Wexner part en France et en Italie observer les grandes enseignes de lingerie. Il remarque que, là-bas, les femmes achètent avant tout pour elles-mêmes, tandis qu’aux États-Unis, l’offre est limitée : soit très chère, soit bon marché mais peu attrayante. 

Les ventes explosent et les clientes adorent cette nouvelle approche. 

Le catalogue est conservé, mais transformé en un véritable magazine de mode, inspiré de Vogue, avec des séances photo luxueuses et des mannequins au style glamour. 

Le pari est réussi : les femmes se sentent en confiance, achètent et ressortent les mains pleines de sacs. 

En 1990, Victoria’s Secret est devenue la plus grande marque de lingerie des États-Unis, avec plus de 350 magasins dans tout le pays et un chiffre d’affaires dépassant le milliard de dollars. 

La mort de Ray Raymond 

Pendant ce temps, Roy Raymond, l’ancien propriétaire, tente de créer une marque de luxe pour enfants, mais l’entreprise échoue et fait faillite. Ruiné et divorcé, il sombre dans la dépression. En 1993, il se suicide en sautant du Golden Gate Bridge de San Francisco. 

Le Victoria’s secret Fashion Show

En 1995, la marque organise son premier Victoria’s Secret Fashion Show au Plaza Hôtel de New York. Le but est clair : créer un événement médiatique pour que les femmes idéalisent les mannequins. 

En 1997, les mannequins sont baptisées les Anges de Victoria’s Secret, une image qui évoque la pureté et la beauté divine, tout en conservant un côté sensuel et inaccessible. 

Chaque année, les plus grands artistes sont invités à chanter pendant le défilé, diffusé à la télévision. Grâce aux Anges, les femmes ne veulent plus seulement acheter la lingerie : elles veulent devenir ces femmes, adopter leur silhouette et leur confiance. 

Victoria’s Secret n’est plus seulement une marque de lingerie, mais une véritable marque de mode. Le défilé propulse la carrière des mannequins rapidement après. 

L’agent d’une mannequin française dira même : « Refuser Victoria’s Secret, ce serait comme dire non à Chanel ou à Dior. » 

Le Fantasy Bra 

L’année suivante, la marque lance le Fantasy Bra, un soutien-gorge orné de diamants et de pierres précieuses. Le premier, porté par Claudia Schiffer, vaut 1 million de dollars et s’appelle The Million Dollar Miracle Bra. Il restera le Fantasy Bra le moins cher des vingt années suivantes. 

Devenir un ange 

Le casting pour devenir un Ange est l’un des plus exigeants au monde : il faut mesurer au minimum 1m75, avoir un IMG (indice de masse graisseuse) inférieur à 18 %, une silhouette mince mais musclé, être déjà signée dans une grande agence et surtout être choisie par Ed Razek et le directeur de casting. 

Très peu de mannequins sont sélectionnées, et le contrat Victoria’s Secret est considéré comme l’un des plus prestigieux et des mieux rémunérés du milieu. 

La polémique qui a choqué le monde 

Le 7 février 2019, le New York Times publie un article révélant comment Jeffrey Epstein, présenté d’abord comme un riche homme d’affaires américain, était en réalité un prédateur sexuel à la tête d’un vaste réseau d’exploitation. 

Dans les années 1990, Epstein aurait accumulé une fortune mystérieuse grâce à Leslie Wexner. Epstein bénéficiait d’une grande confiance : il pouvait signer des chèques à la place de Wexner, emprunter de l’argent, acheter des biens et s’offrir un manoir à New York ainsi qu’un jet privé. 

Il a profité de la notoriété de Victoria’s Secret pour manipuler et abuser de jeunes mannequins, se faisant passer pour un recruteur afin de les attirer sous de prétextes. Une mannequin a notamment dénoncé une tentative d’agression lors d’un faux casting à Santa Monica. 

En 2019, Epstein est accusé de trafic sexuel et se suicide en prison. 

Après cette polémique Ed Razek, recruteur des anges, démissionne et le fashion show prend fin. Ils ne reprendront qu’en 2024 avec un slogan de body positive. 

En 2025 

Aujourd’hui, Victoria’s Secret tente de redorer son image en adoptant le mouvement body positive, mettant en avant plus de diversité et d’inclusivité dans ses campagnes.  

Pourtant, beaucoup de gens restent marqués par les scandales passés et restent méfiants. Malgré ces efforts, les ventes de la marque ont connu des hauts et des bas : après une période difficile, elles montrent des signes de reprise. 

Le Victoria’s secret Fashion Show 2025 a eu lieu le 15 octobre ; la deuxième édition depuis l’arrêt du show.  

Nous avons pu voir des stars comme : Adriana Lima, Bella et Gigi Hadid, Barbara Palvin qui est devenu récemment une ange de Victoria’s secret après qu’elle a eu défilé pendant 4 ans pour la marque. Nous avons pu voir les artistes Missy Elliott, Karol G, le groupe K-pop Twice et Madison Beer chanter pour le défilé. 

Plusieurs mannequins « plus size » ont défilé, car effacer le passé est impossible, mais le comprendre est peut-être la première étape pour avancer. 

Conclusion 

Victoria’s Secret, longtemps symbole de glamour, porte aussi les traces de scandales et de dérives. La marque tente aujourd’hui de se réinventer grâce à plus de diversité, mais son passé continue d’influencer son image et son avenir.