Auteure : Natalija R.

Introduction :

Vous avez certainement vu passer ces petits monstres sur les réseaux sociaux qui font rigoler, qui déçoivent ou qui font pleurer. Ces jouets sont-ils pour les enfants ou les adultes ? Comment ces créatures ont pu devenir aussi connues ? C’est ce sujet qui va être traité dans cet article.

Que sont les Labubus ?

Remontons quelques années en arrière. Kasing Lung vient de déménager au Pays-Bas et pour apprendre la langue, on lui propose de lire des livres et surtout des contes scandinaves.

En 2015, il crée une série de personnages nommés « les monstres » qui reprend les codes des personnages des contes scandinaves qu’il lisait. C’est grâce à ces personnages que naissent les Labubus, des personnages mi-elfes, mi-lapins. Kasing fera des animations 2D et les mettra sur les réseaux sociaux.

C’est à ce moment-là qu’il se fera remarquer par le géant des jouets chinois, Pop Mart. Pop Mart sait comment faire acheter le public et grâce aux fameuses « Blind Box ».                               

Le 1er livre
Personnage de contes scandinaves

Les Blind Box :

Une Blind Box (ou boîte mystère) est une boîte fermée qui contient un objet au hasard parmi plusieurs modèles d’une même collection. On ne sait pas ce qu’il y a dedans avant de l’ouvrir. Le principe repose sur le hasard et le suspense.

L’achat d’une Blind Box déclenche le même mécanisme cérébral que les jeux de hasard, la dopamine (l’hormone du plaisir) est enclenchée même avant d’ouvrir la boîte.

Qu’est ce qui nous fait acheter les blind box ?

1. L’effet Pandore : C’est un phénomène psychologique qui désigne l’attrait incontrôlable que nous éprouvons à l’idée d’accéder à des informations inconnues, même lorsque nous savons que la nouvelle pourrait être négative. Nous voulons absolument savoir ce qu’il y a dans cette boîte.

2. L’effet Sunk Cost : C’est un biais psychologique qui pousse une personne à continuer un projet, car il a déjà investi trop d’argent dedans.

Par exemple, tomber sur un doublon renforce l’envie de continuer pour rentabiliser l’effort.

La nature aléatoire des Blind Box crée une excitation et une incertitude qui motive l’acheteur à ouvrir les boîtes, alimentant sa curiosité.

3. Le statut social : Lorsqu’on achète un Labubu on se sent comme si on faisait partie d’un groupe social. Lorsqu’on voit une personne qui porte un Labubu on se dit qu’on fait partie d’une même communauté, même si on ne le dit pas.

4. La boutique : Si vous êtes déjà tombé sur des photos d’une boutique Pop Mart, vous avez dû remarquer que chaque jouet a son emplacement et que la décoration est totalement poussée dans l’univers de l’objet exposé, et c’est fait exprès !

Ce genre de boutique reprend les codes des magasins de luxe. Tout est pensé pour que l’acheteur y passe le plus de temps possible et y investisse le plus d’argent. Vous avez une pleine expérience immersive alors que vous n’achetez qu’un simple jouet.

Pourquoi on-t-il cet aspect ?

Pour répondre à cette question, penchons-nous sur l’étude de Adrian David Cheok et d’Owen Noel Newton Fernando. Ils ont fait une étude sur la tendance du Kawaii. La tendance Kawaii est issue du Japon est favorise tout ce qui peut être « mignon ».

Les deux chercheurs ont fait passer des tests à plusieurs individus. À travers plusieurs options, ils ont dû définir qu’est-ce qu’ils trouvent le plus mignon. Ils ont été testés sur : les couleurs, l’odeur, la taille et proportion, la texture, formes et l’odeur.

Voici quatre des cinq résultats :

Couleur : deux catégories de personnes ont été choisies, des adultes et des enfants. On peut voir que les couleurs les moins choisies sont le jaune et le vert. Cependant, les couleurs rougeâtres (rose, rouge, et le violet) ont été élues comme les plus mignonnes.

Ce genre de couleurs sont choisies car elles représentent, dans la plupart des cultures, un symbole de jeunesse et de vitalité, comme les joues rouges d’un bébé par exemple.

Texture : plusieurs textures ont été touchées et les plus choisies sont les textures « douces », plus particulièrement la fourrure et le satin. On peut comparer ça à la peau d’un bébé, douce comme le satin ou la peau d’un animal (ex : chat) douce comme de la fourrure.

« Cette préférence pour les tapis à poils longs (fourrures) et aux textures douces est probablement liée à des exemples observés dans la nature. Dans la nature, les bébés naissent doux et câlins. L’image de chatons ou de chiots peut susciter un lien chez les personnes interrogées lorsqu’elles touchent les échantillons de texture. »  Tirée de l’étude.

Taille et proportion : e plus sélectionné pour les adultes et les enfants sont les personnages avec une grosse tête et un petit corps. Ce n’est pas proportionnel à ce qu’on voit dans la nature, mais cela rappelle les proportions d’un bébé.

Formes : adultes comme enfants ont préféré les formes rondes. Et à l’unanimité les formes carrées n’ont pas du tout été choisies. Là encore, nous pouvons les comparer aux formes que nous voyons dans la nature (ex : tête ronde).

En conclusion, tout ce qui est mignon suscite chez nous un sentiment de réconfort et de sécurité.

Pour en revenir aux Labubus, nous pouvons remarquer que toutes ces caractéristiques se retrouvent dans les Labubus (couleur vive mais variée, fourrure, tête un peu plus grande que le corps, tête ronde…). Ce jouet est créé pour que les adultes retombent en enfance et pour susciter chez tout acheteur du réconfort et du bonheur.

Les Labubus ne sont pas juste de simples jouets, mais le résultat d’une stratégie marketing très bien pensée.

Tous sont réfléchis et rien n’est laissé au hasard, des simples couleurs à la Blind Box.

Ce jouet fait quand même réunir des communautés et en fait rêver certains.

Sources :

Études : https://www.researchgate.net/publication/226541093_KawaiiCute_Interactive_Media

Livres the monsters : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1593344047354031&id=107958025892648&set=a.109091012446016

Kasing Lung : https://www.moynat.com/fr/blogs/collections/kasing-lung-collection

Conte norvégien : https://peuple-feerique.com/fees-lutins-elfes/2016/06/askeladen-un-conte-norvegien-pour-deux-auteurs-francais/