Auteure : Eleonore Q.
Des hommes et (surtout) des femmes oubliées de la science

Titre : Les Oubliés de la science
Auteure et Illustratrice : Camille van belle
Préface : Nadine Halberstadt
Genre : BD-Documentaire scientifique
Pages : 198
Synopsis :
Savez-vous que c’est une femme qui a découvert la fusion nucléaire ? Et qu’un scientifique était passé à deux doigts de trouver un remède contre le cancer ? Cet ouvrage présente 48 hommes et femmes extraordinaires qui ont disparu dans l’oubli pour diverses raisons : trahisons, vols, enlèvements, négligence, mépris à cause de leur physique, de la couleur de peau ou (souvent) de leur sexe.
En voici quelques-uns d’entre eux :
Charles Henry Turner (1867–1923) – étude du comportement des insectes

Charles Henry Turner est un enseignant en zoologie à Chicago au début du XXe siècle. Il étudie depuis plusieurs années le comportement des insectes, comme les fourmis, les cafards ou les papillons, etc. En réalisant plusieurs expériences, il observe leurs façons de résoudre un problème (ex. Une fourmi doit ramener un œuf de fourmi à sa fourmillère) et démontrer que les insectes peuvent avoir une intelligence propre, qui n’est pas seulement de l’instinct. Ils peuvent aussi apprendre à repérer des dangers avec de l‘entraînement. Une de ses recherches les plus remarquable est l’étude de la vision des couleurs chez les abeilles…. avec quelques erreurs d’interprétation identifiées de nos jours. (Eh non, les abeilles ne voient pas le rouge !).
Les raisons de son oubli dans l’histoire :
Charles Henry Turner était afro-américain. Or, à son époque la société américaine était très raciste et interdisait aux “personnes de couleur” de réaliser les mêmes études que les “blancs”. Charles Turner n’a ainsi jamais pu avoir un poste à l’université. Il n’a pas donc pas eu de possibilité d’avoir un laboratoire pour ses expériences, ni d’engager des assistants.
Il a écrit tout de même 71 articles, et est devenu le premier afro-américain à être publié dans la très célèbre revue “Science”.
Pourquoi est-il important d’en parler à présent ? :
- Ses études ont grandement fait avancer la recherche.
- Il est un exemple pour les enfants et les étudiants afro-américains pour oser s’intéresser à la science.
Emmy Noether (1882–1935) – mathématicienne de génie

Emmy Noether est une mathématicienne allemande, contemporaine et amie d’Albert Einstein, qui a découvert le “théorème de Noether” : Pour toute symétrise, il y a conservation d’une quantité physique. Ce théorème est à la base de toute la physique des particules. Ces travaux ont servi à Einstein pour développer sa “théorie de la relativité”. A l’époque, elle reconnue comme un génie par ses collègues scientifiques.
En 1933, Emmy Noether doit fuir l’Allemagne Nazie et rejoint Einstein et d’autres scientifiques en Amérique Elle y décède en 1935.
Les raisons de son oubli dans l’histoire :
Pourquoi aujourd’hui n’a-t-elle pas la notoriété d’Einstein ?
A cette époque, les femmes scientifiques étaient peu appréciées. Elles n’avaient pas non plus le droit d’enseigner à l’université. Elle n’a donc pas pu faire une carrière universitaire et être reconnue dans sa profession.
Pourquoi c’est important d’en parler à présent :
- Le théorème de Noether est aussi fondamental pour la physique que la théorie de la relativité.
- Emmy Noether est l’une des plus grandes scientifiques de son époque, et son exemple encourage les étudiantes à suivre les cours de math et physique.
Katherine Johnson (1918-2020) – la mathématicienne des missions APOLLO de la NASA

Katherine se passionne pour les mathématiques dès son plus jeune âge. Elle commence le lycée (gymnase) à 10 ans et la fac (université) à 14 ans (!) où elle devient une spécialiste en géométrie analytique. Mais malgré son talent, parce que l’Etat de Virginie pratique la ségrégation raciale, l’accès au monde scientifique était très limité pour les femmes afro-américaines.
En 1952, elle se fait engager à la NACA (ancien nom de la NASA) en tant que “calculatrice”. Mais lors du remplacement d’un collègue à la Flight Search Division, sa maîtrise de la géométrie analytique la rend vite indispensable dans l’équipe.
Elle rejoint 6 ans plus tard le Space Task Group, le premier programme spatial de la NASA. Elle est notamment responsable des calculs de trajectoire des missions d’Alan Shepard en 1961, 1er américain dans l’espace, et de John Glenn, premier américain en orbite en 1962. Et tout ça à la main, sans ordinateur !
Elle reçoit en 2015 la “Médaille présidentielle de la Liberté” et la NASA nomme un de ses bâtiments en son honneur en 2017.
Les raisons de son oubli dans l’histoire :
- Elle était une femme
- Elle était afro-américaine (dans un Etat qui pratique la ségrégation)
… mais le président Barak Obama a remis en lumière ses contributions à la science.
Pourquoi c’est important d’en parler à présent :
- Elle a été indispensable lors des missions spatiales de la NASA
- Elle est un exemple de la contribution féminines lors de la “guerre de l’espace” pendant la “guerre froide”.

Bonus :
Un très beau film inspiré par la vie de Katherine Johnson et de deux autres collègues calculatrices, “Les figures de l’ombre”, est sorti en 2016, racontant leurs histoires dans une Amérique ségrégationniste.

Mon avis :
Un excellent ouvrage sur ces hommes et ces femmes qui, malgré leur contribution pour faire avancer la science, ont été oubliés pour diverses raisons. J’ai appris beaucoup de choses grâce à ce livre et je le recommande absolument !
