Auteure : Natalija R.

Là où certains habillaient les femmes, Gianni Versace les révélait. Voici l’histoire d’un créateur qui n’a jamais craint de briller trop fort.
L’enfance de Giovanni Versace :

Giovanni Maria Versace est né le 2 décembre 1946 à Reggio de Calabre, une petite ville du sud de l’Italie, marquée par la pauvreté et l’émigration.
De nombreuses familles quittaient la région à la recherche d’une vie meilleure, mais la famille Versace est restée. Ils faisaient partie des rares familles à posséder une voiture et une télévision, ce qui leur conférait une certaine image de réussite locale.
Sa mère, Francesca, était couturière, et son père, Antonio, travaillait comme vendeur. Ils n’étaient pas riches, mais ils vivaient mieux que la majorité de leurs voisins.
Gianni avait une sœur aînée, Tina, qui est tragiquement décédée après avoir eu le tétanos à la suite d’une blessure en jouant. Le médecin, ayant prescrit un mauvais traitement, n’a pas pu la sauver, et elle est morte en moins de 24 heures. Ce drame a profondément marqué la famille.
Peu de temps après, les parents de Gianni eurent une autre fille, qu’ils appelèrent Donatella.
Ses débuts dans la mode :
Très jeune, Gianni commence à passer de plus en plus de temps dans l’atelier de sa mère. Cela le fascinait au point qu’il délaissa ses amis et les jeux pour rester auprès d’elle. Peu à peu, il cesse de faire ses devoirs et se met à sécher les cours.
Un jour, sa mère est convoquée par ses professeurs qui s’inquiètent de son comportement. L’un d’eux montre ses carnets de dessins, le décrivant comme « pervers », pensant que l’enfant dessinait des femmes nues. En réalité, Gianni dessinait les vêtements qu’elles portaient.
Il n’a jamais terminé le lycée. Son père n’approuvait pas son manque de discipline scolaire, mais Francesca, sa mère, savait que son fils avait trouvé sa voie. Elle décida alors de le laisser travailler à ses côtés, dans sa boutique, où il apprendra les bases de la couture, du design et de la gestion.
Vers l’âge de 18-19 ans, sa mère lui ouvre une deuxième boutique à côté de la sienne pour qu’il puisse développer sa propre créativité.
Les premiers pas dans l’industrie
Dans les années 1970, Gianni part pour Milan, où il commence à travailler comme designer pour différentes maisons de mode, notamment Genny, Callaghan, et Complice. Il va également rencontrer de grandes figures du milieu comme Karl Lagerfeld qui deviendra l’un de ses amis et rivaux.
C’est à cette période qu’il commence à se faire appeler Gianni Versace. Il développe un style personnel, audacieux, provocant, souvent jugé trop « moderne » pour les mentalités conservatrices de son village natal. Sa mère elle-même jugeait certaines pièces trop osées, mais Gianni suivra son instinct, avec raison, puisque ses créations séduiront rapidement un public féminin à la recherche d’originalité.
Il travaille pendant plusieurs années pour d’autres créateurs, notamment en Toscane, où il affine son savoir-faire. Mais son rêve reste clair : fonder sa propre marque.
La naissance de la maison Versace :
C’est en 1978, à l’âge de 32 ans, que Gianni Versace lance officiellement sa propre marque à Milan.
Dès le départ, il impose sa devise : « La qualité plutôt que la quantité. »
Sa première collection ne comportait qu’un seul rayon, principalement de robes, mais son style, mélangeant luxe, sensualité, exubérance et matières innovantes (cuir, maille métallique, caoutchouc, cuivre…), ne passe pas inaperçu.
En parallèle, il lance la ligne Versus, une ligne plus jeune et expérimentale, dirigée par sa sœur Donatella, à qui il offre la même liberté que leur mère lui avait donnée. Elle y exprime son propre style et crée ses premières collections indépendantes.
Le logo Versace : 
Gianni, passionné par la mythologie grecque, choisit Méduse comme logo. Selon lui, elle symbolise la force, la beauté, et le pouvoir de fascination, exactement ce qu’il voulait pour sa marque
Critiques :
Le style Versace dérange. Il est jugé provocant, parfois vulgaire, par certains critiques. Une phrase célèbre résume bien cette opposition : « Quand Armani habille la femme, Versace habille la maîtresse. »
Gianni ignorait ces critiques, convaincu que ses clientes voulaient montrer leur corps avec fierté au lieu de le cacher. Il disait : « Nous devons briser les barrières. La mode naît et meurt chaque jour. »
Lors d’un défilé, il habille ses mannequins avec des pièces en cuir extrêmement provocantes. Le show choque, mais fascine. La même année, Donatella portera l’une de ses créations au Met Gala.
La fin tragique de Gianni Versace :
Le 15 juillet 1997, alors qu’il revient d’acheter le journal, il est assassiné sur les marches de sa villa par un tueur en série déjà recherché pour plusieurs meurtres. Il est touché par deux balles, l’une à la joue gauche, l’autre derrière l’oreille droite. Une colombe est également tuée accidentellement, ce qui marquera les esprits.
Plus de 2 000 personnes assistent à ses funérailles, dont Lady Diana, Elton John, Karl Lagerfeld, et d’autres grandes figures du monde artistique.
Des rumeurs circulent sur des liens avec la mafia ou des dettes non réglées, mais la famille a toujours nié ces accusations. Les enquêteurs concluent que son tueur était obsédé par la famille Versace, mais n’ont trouvé aucune preuve qu’ils se connaissaient personnellement.
L’héritage de Versace :
Après sa mort, de nombreuses entreprises tentent de racheter la marque. Mais Donatella déclare : « Mon frère n’aurait pas voulu que je vende une seule chaise de bureau. L’entreprise était une famille, et on ne vend pas la famille. »
Cependant, en 2018, la maison Versace est rachetée par Capri Holdings pour 2,12 milliards de dollars. La famille continue à travailler pour la marque, en affirmant : « Nous continuons de le faire pour Gianni. »
Les deux pièces emblématiques :
Jennifer Lopez :
En 2000 Donatella Versace fera une robe pour que Jennifer Lopez puisse la portée au Grammy Awards. Elle a fait énormément polémique pour son décolleté et sa transparence. Cette robe est devenue tellement connue qu’elle est devenue le mot le plus recherché sur Google en 2000.
19 ans après Donatella à refait une version de la robe avec laquelle Jennifer a pu défiler.
Elizabeth Hurley :
1994 sera une année très importante pour la marque, car une robe marquera un tournant dans l’histoire de la maison Versace d’après Donatella.
« That Dress » est une robe noire Versace qu’a portée l’actrice et mannequin anglaise Elizabeth Hurley pour accompagner son partenaire a une avant-première. Jugé trop provocante et “la robe la plus audacieuse jamais vue sur un tapis rouge” elle fera image de plusieurs critiques.
En 2008, un sondage britannique l’a classée comme la robe la plus mémorable jamais portée sur un tapis rouge.
Mon avis :
Je trouve que Giovanni a très bien fait de suivre son instant et de continuer à faire ce qu’il faisait, car c’est comme ça que sa marque s’est démarquée des autres.
