Auteure : Natalija R.

Chaque premier lundi de mai, le Met accueille l’événement de l’année : le Met Gala. Mais d’où vient-il ? Comment y participer ? Aujourd’hui, nous revenons aux bases du Met Gala.

Tout commence à New York en 1937, lorsque la philanthrope Irene Lewison fonde le Museum of Costume Art. Convaincue que la mode est un miroir essentiel de notre culture et de notre identité, elle crée cette institution indépendante pour préserver l’histoire du vêtement, à une époque où la mode est encore perçue comme un simple élément utilitaire plutôt que comme un objet historique.

Le tournant décisif survient en 1946 : le musée intègre officiellement le Metropolitan Museum of Art, le MET, et change de nom pour devenir l’Institut du Costume.

Malgré son entrée au MET, la mode peine à être reconnue comme un art majeur. L’Institut ne reçoit aucun financement public et doit assurer seul sa survie financière.

En 1948, la célèbre attachée de presse Eleanor Lambert, fervente défenseuse de la mode, décide d’agir. Pour résoudre ce problème de financement, elle a une idée : organiser un gala de charité pour faire connaître le Costume Institute et lever des fonds. Finalement, elle organise le tout premier Met Gala.

À l’époque, on ne parle pas encore du « Met Gala », mais du Costume Institute Gala. On est bien loin du spectacle médiatique d’aujourd’hui : pas de tapis rouge, pas de thèmes extravagants, et l’événement ne se passe même pas au musée, mais dans les salons feutrés de l’hôtel Waldorf Astoria.

Loin de l’originalité actuelle, le code vestimentaire est très classique : robe longue pour les femmes et smoking noir pour les hommes.

En 1948, le billet coûte 50 dollars. Une somme qui paraît dérisoire aujourd’hui, mais qui représentait une fortune à l’époque. Pour les invités, participer à ce gala, c’est être adoubé par le petit cercle fermé des élites de New York.

Entre 1948 et le début des années 70, le Gala reste donc un dîner de charité assez classique. Et c’est dans ce contexte qu’arrive Diana Vreeland.

Elle a été la rédactrice en chef de Vogue US entre 1963 et 1971. Et elle, elle ne fait pas les choses à moitié. Elle voit les choses en grand, à tel point que, si elle est partie de Vogue, c’est parce que ses idées créatives coûtaient trop cher. En 1972, elle rejoint le Costume Institute en tant que consultante.

À son arrivée, Diana Vreeland introduit une nouveauté qui va tout changer : désormais, chaque édition aura un thème en lien avec l’exposition annuelle. Le Gala a lieu pour la première fois au MET, au sein même du musée, et il ouvre ses portes à des célébrités qui n’ont pas nécessairement de lien direct avec la mode.

En 1989, Diana Vreeland décède. En coulisses, le MET cherche une nouvelle figure forte.

C’est là qu’entre en scène Anna Wintour, rédactrice en chef de Vogue US depuis 1988. On est maintenant en 1995 et Anna Wintour prend la tête du Met Gala en devenant la coprésidente de l’événement.

Dès sa première édition, elle redéfinit tout.

  1. Déjà, la guest list est entièrement repensée. Elle réunit des stars hollywoodiennes, des top models, des designers, mais aussi des sportifs, des rappeurs, des personnalités politiques et même des PDG.
  2. Ensuite, elle change la date. Le gala aura maintenant lieu tous les ans le premier lundi du mois de mai. Cela tombe pile entre les Oscars, en mars, et le Festival de Cannes, à la mi-mai. Cela permet à l’événement de rayonner sans être parasité par le cinéma.
  3. Elle invite la presse et les photographes, et elle rehausse le prix du ticket. En 2024, il est monté à 75 000 dollars. Et pour ceux qui veulent réserver une table entière, il faut payer 350 000 dollars. Son objectif : faire exploser l’aura du gala et récolter encore plus de fonds.

Il y a trois façons d’y aller :

  1. Être invité personnellement par Anna Wintour : on ne paie pas sa place.
  2. Être invité par un sponsor ou une maison de mode, Chanel, Dior, etc., qui paie pour vous et vous habille.
  3. Payer soi-même sa place… mais attention, même avec un chèque de 75 000 dollars, si Anna ne veut pas de vous, vous ne rentrez pas.

Depuis les années 2000, le tapis rouge est devenu une véritable scène de performance : l’audace et le respect du thème sont désormais la règle d’or.

Si Anna Wintour s’entoure chaque année de coprésidents célèbres pour attirer les projecteurs, elle reste la seule maîtresse à bord. Son contrôle est absolu et minutieux : de la liste des invités au plan de table, jusqu’au choix des fourchettes. Elle va même jusqu’à bannir certains ingrédients comme l’ail, l’oignon ou la ciboulette, pour épargner aux stars les soucis d’haleine ou les résidus entre les dents. En résumé, rien n’échappe à son regard.

D’un simple gala de charité à l’événement mode le plus attendu au monde, le Met Gala a su se réinventer tout en gardant sa mission d’origine : financer le Costume Institute.

Une chose est sûre : chaque premier lundi de mai, tous les regards sont tournés vers les marches du MET.